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CONCERT DANS LE CHATEAU DE VERSAILLES
Salon d’Hercule

Mercredi 6 décembre 2023

20h30 (1h20 sans entracte)

 

Orchestre de l’Opéra Royal
Théotime Langlois de Swarte Violon et direction

 

Chevalier de Saint-George (1739-1799)
L’amant Anonyme :  acte II, scène 1 récitatif

Antonio Lolli (1730-1802)
Concerto pour violon n°7 : II. Adagio cantabile 

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Concerto pour violon n°3 en sol majeur, K. 216

Chevalier de Saint-George (1739-1799) 
Concerto pour violon n°2 en do majeur : II. Molto adagio con sordini
Concerto pour violon n°9 en sol majeur
Air italien « mina non dir me no » – transcription
Concerto pour violon n°2 en ré majeur : II : Adagio
Symphonie II en ré majeur 
L’amant Anonyme :  ballet final récitatif

Sous le haut patronage de Aline Foriel-Destezet

Ce 6 décembre 2023 restera comme une date historique. Pour la première fois depuis plus de deux siècles, la musique du chevalier de Saint-George habitera le château de Versailles. Il est, en effet, l’invité de Château de Versailles Spectacles pour un concert qui lui sera, en grande partie, dédié avec ses compères Mozart et Lolli. Ce concert sera placé sous le haut patronage d’Aline Foriel-Destezet.

Pour la musique de Saint-George ce retour dans ce lieu sublime sonne comme une indispensable réparation. Il fut en effet le musicien fétiche de Marie-Antoinette qui n’hésitait jamais à faire le déplacement à Paris pour l’applaudir et fit représenter à la Cour l’un de ses premiers opéras, « La Chasse ». Marie-Antoinette a fait, un temps, de celui qui était son gendarme favori de la Garde royale, son précepteur de musique. C’est en effet par ce corps d’élite que Saint-George a pu accéder au Palais dès la fin de sa pension chez le maître d’armes La Boëssière.  Et c’est à ce « gendarme à la garde du roi » qu’Antonio Lolli, alors compositeur novateur, dédia deux concertos. L’étincelant maestro et soliste Théotime Langlois de Swarte a donc eu une magnifique idée en plaçant un des concertos de Lolli dans ce programme.

Mais, c’est évidemment la confrontation entre Mozart et celui que l’on désigne – trop – souvent abusivement comme le « Mozart noir » qui retiendra surtout l’attention. Car s’il est une discipline dans laquelle le noir Joseph peut s’installer sur la même marche que le blanc Amadeus, c’est bien celle des concertos. Alors, Mozart versus Saint-George, serait-il un nouveau « match du siècle » ? Certes ! Mais du Siècle des Lumières, un peu de classe ne nuit pas quand on file la métaphore sportive.

Celle-ci est assez ambigüe lorsqu’il s’agit d’évoquer notre « fameux Saint-George », ainsi que les gazettes le désignaient, car autant l’homme était un escrimeur redoutable par sa puissance, sa rapidité d’exécution et les impressionnants mugissements qu’il poussait en lançant ses assauts, autant l’artiste était un « partenaire » délicieux en musique. Saint-George aimait autant les musiciens que la musique et son œuvre musicale est un hymne à la vie. Plus qu’un duel, ce « match » dans le fabuleux salon Hercule sera donc une conversation musicale à l’image de celles qui animaient le salon de Madame de L’Epine.

Cette rencontre n’a pas eu lieu de leur vivant, si ce n’est – peut-être- à Vienne. Lors de son troisième voyage à Paris, Mozart s’est en effet dérobé aux injonctions de son père qui auraient pu lui permettre de jouer sous la baguette du chef à la peau noire. Outre ses talents de violoniste et de compositeur, Saint-George était aussi le maestro du Concert des Amateurs, sacré par le Mercure comme le meilleur orchestre de France et même d’Europe.  Mozart qui fut humilié par la direction de l’autre grand orchestre parisien, Le Concert spirituel, s’est sans doute privé de la direction d’un grand chef et de l’interprétation d’un prodigieux virtuose. Mais il ne s’est pas privé… de s’en inspirer. Plusieurs œuvres écrites pendant ou après son séjour à Paris présentent de troublantes similitudes avec des compositions du Chevalier. Il est vrai qu’à l’époque on ne parlait pas de plagiat mais « d’hommage ».

 

THEOTIME LANGLOIS DE SWARTE

 

Centre de musique de chambre de Paris | Theotime Langlois de Swarte

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